Je subis le regard des autres
Dans la France des années 60 où l’on vivait en permanence sous le regard des autres et par rapport à « ce que vont penser les gens », voisins, famille, amis, mes parents étaient commerçants. Ils avaient pignon sur rue comme on dit, et combien de fois ai-je entendu de la part de ma mère « que vont penser les gens ? » A croire que chaque décision prise l’était par rapport à l’opinion et à la bienséance. Formatée par ce carcan, j’ai appris enfant à fonctionner à travers ce critère permanent de validation par le regard d’autres qu’ils soient adultes ou enfants, et cette nécessité de répondre à leurs attentes pour ne pas être rejetée et me sentir acceptée. Je me souviens avoir eu à l’époque un manque total de spontanéité, une angoisse permanente de ne pas plaire, le mot d’ordre était conforme toi.
J’affronte
A l’adolescence et son inévitable rébellion, mai 68 étant aussi passé par là, je ne supportais carrément plus cette glue, et j’ai orienté ma vie d’une façon très différente de ce que l’on pouvait attendre de moi, études et vie privée. le regard des autres est devenu pire. J’ai senti le mépris, le reproche sous-jacent et constant, le bannissement dans les attitudes et réactions familiales. Le regard jugeait sans savoir, sans comprendre, sans empathie.
Ce que pensaient famille, amis, voisins, je le ressentais au plus profond de moi dans leur regard, dans leurs yeux, leur distance, avec une infinie tristesse. Le rejet je n’en avais plus peur, je le vivais et j’en souffrais. Je n’étais plus conditionnée mais pas encore libérée.
Je me libère
Et puis j’ai surmonté des épreuves, de véritables défis, parce qu’il fallait que je m’en sorte, je l’ai fait pour moi, par nécessité absolue de continuer ma route. J’ai eu de petites victoires au regard des autres, mais combien énormes pour moi. J’ai aussi croisé des gens pleins de bassesses et de perversité, d’hypocrisie et de compromissions, ceux dont le regard non seulement importe peu mais salit. Ceux qui jugent et qui font pire.
Comment l’opinion de telles personnes pouvait-elle compter ? Quelles étaient leurs valeurs ? Quelle absurdité de se laisser toucher par ce qu’ils pouvaient penser.
Au fil du temps, j’ai compris que le regard que je me portais était bien plus important que celui des autres, il était essentiel. En étant responsable de mes choix et de mes actes, en accord avec ma conscience et avec mes ressentis profonds « ce que les autres pensent » n’a plus aucune emprise sur moi, ce que les autres pensent, c’est leur problème, pas le mien.
By I.L pour Amasa-Coaching©